Dans le troisième épisode de « ma vie en solitaire », je vais vous parler de bouquins. Car la lecture, aussi, fait partie de ces petits plaisirs difficiles à savourer avec un Polochon à ses côtés. (mais comment faites-vous, mères de familles ??!)

Mes deux dernières lectures sont aussi différentes que décevantes. Mais bon je vais vous en parler quand même. Parceque je m’ennuie. Et puis parceque rien n’est jamais complètement raté.

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Trois jours chez ma mère, de François Weyergans

Un prix Goncourt c’est un peu comme un hôtel 3 étoiles, on se dit toujours qu’on ne risque pas d’être déçu… Et bien voilà l’exception qui confirme la règle.

Ce qui m’a déplu dans ce roman ? Tout d’abord, d’après une expression de ma mère, l’auteur « s’écoute parler ». Et franchement, si l’auto-analyse fonctionne bien chez Beigbeder, c’est loin d’être le cas ici. Et puis, au risque de passer pour une frustrée, je supporte mal les auteurs qui arrosent littéralement de sexe leurs ouvrages. Pour faire vendre ? Pour faire jeune ? Pour faire rire ? Pour faire envie ? Je ne saurais dire, mais je ne vois pas ce que les plaisirs de la chair traités ainsi –un morne récit des envies et des pratiques du personnage, auteur lubrique et infidèle- peuvent apporter au roman.

Malgré tout, j’ai aimé le jeu façon vache-qui-rit (paye tes références) du roman dans le roman, lui-même dans le roman. Un puits aux multiples fonds qui fait qu’on ne sait parfois plus à quels niveaux de réalité ou de fiction nous en sommes.

Mais cet exercice réussi n’a pas su me convaincre pour autant. À choisir, je préfère sans hésiter passer trois jours chez… MA mère !

Morceau choisi :

« Il ne faudrait pas que je meure avant elle, mais je ne veux pas qu’elle meure avant moi. En plus des autres mauvais tours qu’ils vous jouent, vos parents, dès qu’ils vous font naître, vous obligeront tous, un jour ou l’autre et sauf mort prématurée de votre part, à suivre leur enterrement. »

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Et après, Fred Chichin est mort, de Pascale Clark.

Autant vous dire que ma déception fut immense à la lecture du dernier bouquin de Pascale Clark. Parce que Pascale Clark, c’est la voix qui me réveille tous les matins. La première voix que j’entends. La voix qui accompagne mes incertitudes vestimentaires, capillaires et alimentaires. Une voix claire, piquante, drôle, sensuelle, intelligente. Une voix qui joue avec les mots sans jamais fourcher. Une voix qui use de sa langue avec érudition et précision. Une voix parfaite.

C’est peut-être pour cela que j’ai été déçue de cet ouvrage –l’unique que j’aie lu de Pascale Clark. Parceque malgré la sonorité du texte, je n’ai pas retrouvé sa voix. Un texte sec qui n’est pas abreuvé par le flot subtil de Madame Clark. Dommage. Une preuve de plus que l’amour fini mal. En gé-né-ral.

Morceaux choisis :

« Six mais main dans la main. Tu supportes toujours mon mutisme le matin, je supporte toujours ton bordel, je t’aime autant, je t’aime autrement, je te le dis moins, je n’en pense pas moins. Parfois l’idée m’effleure et je la repousse. Par vagues, ça dépend des moments. J’y pense et puis j’oublie, à quand on se quittera. »

« Mes pas restent hagards, je pars en trémolos. J’ai l’émotion déréglée. Une plume me foudroie, un drame m’indiffère. »